Fiche Technique

Un film documentaire sur l’histoire de femmes turques au cœur de l’immigration.

55’/2015/Couleur/VO Fr/ turc ST fr

Equipe de réalisation :
Réalisation : Pierre Chemin et Tülin Özdemir
Caméra et montage : Alain Laurent
Son, deuxième caméra : Pierre Chemin
Interview : Tülin Özdemir
Assistante vidéo : Laura Dachelet

Interviews rue (AMOS) : Ana, Saïd, Blin, Youssef, Walid, Selin, Meltem

Musique originale : Pierre Chemin

Musiciens :
Improvisations et interprétation : Derdi Pervane Müzik Topluğu
Saz bağlama : Uğur Karataş et Ozan Açıkalın et Pierre Chemin
Saxophone : Philippe Laloy

Studio Média Animation : Jean-Luc Straunard

Studio Sistek – Mersin Turquie

Production : Média AnimationLes Herbes Folles avec le soutien de la Plateforme 50  et du Centre interfédéral pour l’égalité des chances

 

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Synopsis

Elle s’appelle Özge – ce qui signifie « l’autre », « la différente ».

Ses parents viennent d’Anatolie mais elle est d’ici.

Elle a grandi à Bruxelles dans un quartier qu’on appelle la petite Anatolie, entre Saint Josse et Schaerbeek.

A l’occasion des 50 ans d’immigration turque en Belgique nous l’avons suivie dans ses rencontres avec plusieurs générations de femmes. En nous parlant de mariage, du choc des coutumes des villes et des villages, ces femmes nous racontent leur histoire de l’immigration. Regards des hommes, difficulté d’apprendre la langue du pays dans lequel elles ont passé leur vie, c’est l’histoire vécue au quotidien.

Özge, la différente, est d’ici et de là-bas. Et son histoire est devenue notre histoire.

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Cadre général

C’est à travers la parole des femmes que nous avons voulu réaliser un film illustrant les bouleversements successifs qu’a produit l’immigration. Bouleversements dans les familles migrantes, mais aussi bouleversements dans la société belge.
La place de la femme dans les vagues de flux migratoires est moins connue, mais ô combien déterminante dans la décision, pour bon nombre d’ouvriers immigrés, de faire venir leur famille et de vouloir se fixer pour de plus longues périodes, voire définitivement.

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A travers les femmes, c’est tout le parcours de l’évolution des cellules familiales au fil des exodes migratoires que l’on entr’aperçoit. Avec le choc des coutumes du village et celles de la ville.
Avec l’arrivée des femmes, l’immigration prend un visage humain : elle ne se limite plus à des bras. Il s’agit dorénavant de familles, de cultures, de la réalité des coutumes importées. Ainsi, ces femmes se sont aventurées (ou non) pas à pas dans la société belge, nouant, avec leur peu d’instruction et malgré les difficultés innombrables qu’engendre un changement aussi radical de vie, d’environnement, de société, les premiers vrais contacts sociaux. Et leur parcours est souvent remarquable, étonnant, incroyable, à découvrir.

Ce projet, mené à l’initiative de Média Animation ASBL, s’inscrit dans le cadre de la commémoration des 50 ans des accords bilatéraux belgo-marocains et belgo-turcs.
Tülin Özdemir, coréalisatrice de la vidéo, a assuré le « rôles » du questionnement de sa génération (la deuxième). Elle crée des ponts entre les différentes rencontres.
Ces témoins plongent dans leur passé et parlent d’eux et de leur entourage. Ils nous ouvrent aussi leur présent et interpellent la réalité plurielle de la jeunesse actuelle dont les parents sont nés et ont étudié en Belgique.

Une démarche en 3 phases

 

  • Des groupes de paroles

 

 

      Nous avons tout d’abord créé des groupes de parole (démarche d’éducation permanente) afin de donner la parole aux femmes sur leur(s) immigration(s) en suscitant, hors caméra, leurs récits de vie. Ces groupes ont favorisé une approche plus chaleureuse et une prise de parole libre. Nous étions loin du traitement de la question du point de vue historique ou journalistique.

 

  • Et les jeunes du quartier dans tout cela ?

Avec l’AMO Amos, qui accueille des jeunes du quartier, nous avons, lors d’une petite formation, préparé des jeunes volontaires pour la réalisation d’interviews micro- trottoir. Qui mieux qu’eux pouvaient tendre leur micro dans leur propre quartier, avec leurs propres tons et préoccupations.
Ils ont donné un peu d’humour et de légèreté à la réalisation. Ils nous ont permis de passer quelques moments dans l’ambiance de la rue de la petite Anatolie.

 

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  • Reconstruire la réalité rencontrée

Grâce aux groupes de paroles, nous avons rencontré des personnes qui ont accepté nos rendez-vous de tournage. Cela a débouché sur huit heures de matière. Puis, comme le fait chaque réalisateur/journaliste, nous avons dû choisir les plans, les phrases, les idées et construire notre film. Quels moments garder, comment allions-nous rendre témoignage de toute la richesse de nos rencontres ? Le résultat, c’est un film de 55 minutes alors qu’au départ, nous étions partis pour un 27 minutes.

 

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